lundi 16 juillet 2018

Les souvenirs - David Foenkinos


Les souvenirs

David Foenkinos
 


Bonjour à toutes et à tous,
 
Aujourd'hui, je vous présente un roman d'un des auteurs français les plus populaires, que j'ai eu envie de lire, car j'en ai adoré l'adaptation cinématographique faite par Jean-Paul Rouve avec Michel Blanc, Chantal Lauby et Annie Cordy dans les rôles titres.

Je vous présente donc le roman de David Foenkinos, Les Souvenirs


A. Caractéristiques du livre


Titre =  Les Souvenirs
Auteures = David Foenkinos
Edition - Collection = Gallimard

Nombre de pages = 290 pages

Date de première parution =  2011  
 
Note pour le livre = 14 / 20

 
B. Description de l'œuvre sur Babelio
David Foenkinos nous offre ici une méditation sensible sur la vieillesse et les maisons de retraite, la difficulté de comprendre ses parents, l'amour conjugal, le désir de créer et la beauté du hasard, au fil d'une histoire simple racontée avec délicatesse, humour, et un art maîtrisé des formules singulières ou poétiques.


C. Mon avis sur le livre
Comme dit dans l'introduction, j'ai eu envie de lire ce livre suite au visionnage du film adapté du livre, réalisé par Jean-Paul Rouve, film que j'avais adoré.

J'ai beaucoup apprécié l'histoire de cette famille parisienne un peu hors normes : un père partant à la retraite qui n'a plus le goût de rien, une mère professeure dépressive, une grand-mère placée en maison de retraite et ne rêvant que d'une chose : partir (pour revenir à Etretat, ville de son enfance, passage que j'ai beaucoup apprécié et auquel je m'identifie) et enfin le fils, futur écrivain, très proche de sa grand-mère et s'interrogeant sur sa future vie amoureuse.

La narration est entrecoupée de différents "souvenirs" tantôt de personnages du récit, tantôt de personnages historiques évoqués dans la narration, ces derniers souvenirs me paraissant moins intéressants que ceux des personnages de fiction.

J'ai beaucoup apprécié ce roman jusqu'à un moment-clé de la narration (que je tiens secret pour ne pas dévoiler la trame narrative) mais je me suis plus ou moins ennuyé sur les environ 50 dernières pages.
 
D. Quelques bons passages du livre

Il pleuvait tellement le jour de la mort de mon grand-père que je ne voyais presque rien. Perdu dans la foule des parapluies, j'ai tenté de trouver un taxi. Je ne savais pas pourquoi je voulais à tout prix me dépêcher, c'était absurde, à quoi cela servait de courir, il était là, il était mort, il allait à coup sûr m'attendre sans bouger.   (p. 9)

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On cherche toujours des raisons à l'étroitesse affective de nos parents. On cherche toujours des raisons au manque d'amour qui nous ronge. Parfois, il n'y a simplement rien à dire.  (p. 13)
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Pendant les jours qui ont suivi, j'ai été un étranger dans ma vie. J'étais là, je vivais, mais j'étais comme irrémédiablement attaché à la mort de mon grand-père. Puis les douleurs s'échappent. J'ai pensé à lui de moins en moins souvent, et maintenant il navigue paisiblement dans ma mémoire, mais je n'éprouve plus le poids au cœur des premiers temps. Je crois même ne plus ressentir de véritable tristesse.  (p. 20)

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La vie est une machine à explorer notre insensibilité. On survit si bien aux morts. C'est toujours étrange de se dire que l'on peut continuer à avancer, même amputé de nos amours. Les jours nouveaux arrivaient, et je leur disais bonjour.  (p. 21)

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Disons que le soulagement est la version douce de la lâcheté. (p. 31)

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Ce n'est pas une maison de retraite, au sens de retrait de la vie active, mais une maison de mourants. Ils tirent jusqu'au bout la pelote de leur autonomie, et ils arrivent dans ces maisons d'assistance au moment où ils peuvent à peine tenir debout. J'ai découvert un monde de visages désincarnés, un monde en forme de transition avec la mort. Les derniers moments de ces hommes et de ces femmes condamnés à vivre encore.  (p. 36)
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Après tant d'années à se sentir important, il rentrait chez lui avec un fond de jus de pomme. C'était la version moderne des honneurs.  (p. 40)
 
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Cet été-là allait devenir meurtrier. Nos vieux allaient arrêter de se faire discrets, envahissant subitement les morgues. C'est une forme de protestation comme une autre. (p. 48)
 
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J'ai pensé aussi que mon grand-père avait été comme une sorte de patriarche charismatique, et que la famille partait en lambeaux affectifs, maintenant qu'il avait disparu. Et les choses allaient empirer. Mes oncles viendraient fêter l'anniversaire de leur mère, avec mon père, et le déjeuner serait sinistre. L'apothéose de ce sinistre serait sûrement l'arrivée du gâteau apporté par une équipe de serveurs sous-payés qui surjoueraient une bonne humeur au rabais.  (p. 79)
 
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Nous étions jeudi, et pourtant il y avait dans ce quartier une ambiance de dimanche. J'avais l'impression qu'on quittait la semaine, qu'on quittait la vie active, qu'on entrait dans une société anesthésiée.   (p. 81)
 
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Que dire dans un cas comme celui-là ? Apaiser la folie de l'autre en acceptant la nouvelle réalité, ou se battre sans répit pour ramener l'incohérence sur le terrain de la vérité ?  (p. 132)
 
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Les romans ne se cachaient pas entre les heures fixes, ce n'était pas possible. Ils se cachaient dans le dérèglement, dans l'absence de contraintes, et même de morale. Les romans se cachaient dans l'infidélité.  (p. 139)

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"À sa place, j'irais me réfugier dans un souvenir." Oui, c'est ce qu'il a dit, puis il a ajouté : "J'irais dans un endroit où j'ai été heureux. À son âge, c'est sûrement ce que je ferais." En l'entendant, j'ai éprouvé une grande émotion; il devait avoir raison. La fuite ne pouvait qu'avoir un lien avec une tentative de retrouver la beauté.  (p. 140)
 
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Je me suis réveillé de nombreuses fois cette nuit-là. Je pensais à mon histoire familiale, et elle se mêlait à des scènes du présent. Les époques se touchaient et se confondaient, formant ainsi des entités baroques et intemporelles. Je n'étais plus certain de mon âge. Finalement, j'ai aimé cette nuit passée dans l'incertitude de tout.  (p. 166)

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J'ai marché un peu, avant de repérer au loin une enseigne clignotante. La version alcoolique du phare. Le néon n'attrait pas les bateaux mais plutôt les dérives.  (p. 179)
 
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On parle du pouvoir de séduction des pères de famille, qui se promènent au parc avec une poussette; je découvrais que s'occuper de sa grand-mère pouvait également avoir son charme.  (p. 183)
 
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Elle a passé cette dernière nuit dans une chambre toute blanche, dans des draps à la propreté indiscutable. Je suis resté près d'elle, toute la nuit, à la tenir la main. Contrairement aux derniers moments avec mon grand-père, j'ai été capable de lui  dire que je l'aimais. Je le lui ai dit calmement. (p. 191)
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La lecture dura toute la nuit, avec l'impression que tout cela était réel : nous avons passé trois jours à Rome. À la fin du voyage, ma grand-mère fermait les yeux. Elle ne respirait plus. Je ne sais pas à quel moment elle est morte; je ne sais pas si elle est morte pendant un passage sur un restaurant dont la spécialité était le risotto aux asperges ou bien pendant la description du parc de la villa Borghèse, mais je peux affirmer qu'elle est partie paisiblement, sans le moindre soubresaut, sans la moindre violence. Le cœur a quitté le corps avec politesse.  (p. 193)
 
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On savait la mort, on la connaissait, et pourtant elle arrivait toujours comme une stupéfaction.  (p. 193)
 
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Je pouvais comprendre qu'il soit dévasté, mais j'ai été surpris par une chose : il ne pleurait pas vraiment sa mère, il pleurait le fait d'avoir manqué son départ. j'ai cru entendre qu'il disait : "Même ça, je l'ai raté." Il ne pourrait jamais lui dire au revoir.  (p. 195)

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(Marcello Mastroianni) : Et plus tard, au milieu de ses confessions, il dira une très belle phrase : "Les souvenirs sont une espèce de point d'arrivée; et peut-être sont-ils aussi la seule chose qui nous appartient vraiment."   (p. 196)
 
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Je le voyais pleurnicher au volant de sa voiture . Il devait être tiraillé par la culpabilité. La fin de sa relation avec sa mère avait été si brutale. Si ma grand-mère avait pensé mourir, elle n'aurait jamais laissé ainsi ses enfants. Elle ne serait pas partie sur une telle note d'amertume. Et pourtant, c'était le cas. Et ce serait toujours ainsi. La fin de leur relation avait été médiocre. Une de ces fins qui hantent les survivants. En roulant, il s'en voulait tellement. Et il s'en voulait aussi de ce qui arrivait à ma mère. Il se sentait plus que jamais responsable de sa dérive, car il n'avait jamais su lui donner confiance en leur avenir. Sa vie entière lui paraissait un grand manteau dans lequel il avait toujours flotté.   (p. 200)
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Je ne pensais plus à rien d'autre. Le bonheur enfermait mes heures dans une sorte de totalitarisme du maintenant. Je découvrais cet état un peu niais qui m'avait toujours paru ridicule chez les autres.  (p. 209)

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L'Education nationale est tout autant une machine à former la jeunesse qu'à créer des dépressions chez les enseignants.  (p. 215)
 
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Pendant des années, je m'étais senti seul : et je découvrais maintenant qu'il faut être deux pour ressentir réellement la solitude.  (p. 225)
 
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Cela me rendait fou ces gens capables de laisser l'autre dans le vide, ces gens qui ne prennent pas la peine d'envoyer un petit message simplement pour dire que tout va bien.  (p. 225)
 
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Louise a dit oui, et j'ai dit oui aussi, nous nous sommes embrassés, et j'ai pensé que ce baiser était le roman que je n'arrivais pas à écrire.  (p. 251)

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Il entrait dans la vie en anonyme. Il était comme un roman sans titre.  (p. 260)

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Contrairement à Louise, je me disais que c'était peut-être ça le héros moderne : l'homme qui se lève tous les jours pour aller travailler, l'homme qui s'occupe de son enfant, l'homme qui planifie ses vacances en famille, l'homme qui pense à payer à temps la taxe d'habitation ou l'assurance de la voiture. Il y a de l'héroïsme à vivre cette folie épuisante du concret.  (p. 273)

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La haine des autres a toujours été la meilleure façon de combler sa propre vacuité.  (p.283)
 
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