vendredi 15 juin 2018

Lire ! - Bernard et Cécile Pivot


Lire !

Bernard et Cécile Pivot
 


Bonjour à toutes et à tous,
 
Aujourd'hui, un livre un peu particulier, car il est paru sous format "beau livre". Dans ce livre, le célèbre animateur d'Apostrophes et de Bouillon de culture, Bernard Pivot et sa fille Cécile nous livrent tous leurs petits secrets autour de la lecture : entre autres, leurs habitudes de lecture, les livres qu'ils lisent, leurs livres d'enfance, leurs habitudes dans les librairies, les livres prêtés ou donnés, la bibliothèque...

Je vous présente le roman Lire ! de Bernard et Cécile Pivot


A. Caractéristiques du livre


Titre =  Lire !
Auteures = Bernard et Cécile Pivot
Edition - Collection = Flammarion

Nombre de pages = 186 pages

Date de première parution =  2018 
 
Note pour le livre = 18 / 20

 
B. Description de l'œuvre sur la quatrième de couverture
Bernard Pivot, lecteur professionnel ("Apostrophes", Lire, JDD) et sa fille Cécile, ardente lectrice amateur, confrontent leurs raisons, plaisirs et manières de lire, leur usage des livres, dans des textes très personnels, joliment illustrés, où le public des librairies et des bibliothèques retrouvera ses émotions, et celui qui n'ose pas en pousser les portes découvrira stimulations et conseils. Un tonique et savoureux éloge des écrivains, des livres et de la lecture.


C. Mon avis sur le livre
Ce livre est un véritable petit bijou !

Au fil des chapitres, Bernard et Cécile Pivot nous livrent toutes leurs petites anecdotes autour du livre et de la lecture, en n'éludant absolument aucun sujet, ce qui nettement durer le plaisir et donnent également plein de bons conseils que leurs lecteurs peuvent suivre.

Chaque chapitre, alternant le point de vue de Bernard Pivot, puis celui de sa fille sur un sujet donné, est émaillé de petites formules qui sont un véritable paradis pour les amateurs de lecture comme nous (voir citations).

En outre, tous ces petits chapitres sont entrecoupés de reproductions de peintures ou de photos ayant la lecture comme dénominateur commun, ce qui rajoute encore du plaisir et de la valeur à ce beau livre.

Pour conclure, je dirais que c'est un livre à vraiment avoir dans sa bibliothèque, à ranger notamment à côté de l'Histoire de la lecture d'Alberto Manguel. Cet essai est vraiment le chef-d'œuvre complet entre textes et illustrations sur un sujet universel : la lecture et le plaisir qu'elle nous procure.

D. Quelques bons passages du livre

Les gens qui lisent sont moins cons que les autres, c'est une affaire entendue. Cela ne signifie pas que les lecteurs de littérature ne comptent pas d'imbéciles et qu'il n'y a pas de brillantes personnalités chez les non-lecteurs. Mais, en gros, ça s'entend, ça se voit, ça se renifle, les personnes qui lisent sont plus ouvertes, plus captivantes, mieux armées dans la vie que les personnes qui dédaignent les livres.   (p. 13)

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Beaucoup trop d'hommes politiques, de chefs d'entreprise, de hauts fonctionnaires, de manageurs, de responsables de tout poil ne lisent que des livres utiles à l'exercice de leur profession. La littérature ? Perte de temps. Les romans ? C'est pour les femmes. Pauvres types ! (Pas sûr qu'au même niveau de responsabilités les femmes lisent plus et mieux.)  (p. 13)
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Lire des romans, c'est prendre des nouvelles des autres.   (p. 16)

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Lire n'est pas se retirer du monde, c'est entrer dans le monde par d'autres portes.   (p. 16)

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Lire, c'est avoir de l'esprit jusqu'au bout des doigts.   (p. 18)

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Il est un passeport que chaque être humain se doit de posséder : le passeport littéraire. Il abolit les frontières, permet de voyager à travers le monde, de traverser les siècles et d'aller à la rencontre des hommes. Avec lui, nous sommes libres, nous sommes livres.  (p. 19)
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Amis randonneurs et médecins m'ont souvent reproché de ne pas assez marcher. Mais je n'ai pas arrêté ! Toute ma vie, j'ai marché ! Sur mes chemins balisés et les sentiers escarpés de la littérature. Accompagnant des milliers d'hommes et de femmes dans leurs déplacements romanesques. Mettant mes pas dans ceux de grands écrivains, de chefs d'État ou de guerre, d'artistes de légende, de criminels patentés, de dieux et demi-dieux des mythologies...Arpentant les territoires des sciences humaines, explorant des pensées magiques, flânant dans la poésie, courant jusqu'à la lice où le pamphlet triomphe. Les lecteurs sont d'increvables marcheurs.  (p. 25)

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Mais c'est vivre par procuration ? Eh bien, oui. Mieux vaut vivre de temps en temps par procuration les aventures romanesques des personnages réels ou imaginaires que de ruminer dans son fauteuil sur le morne train-train de l'existence ou de regarder d'audimateuses émissions de télévision.   (p. 26)
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Lecteur, je suis comme ces voyageurs qui espèrent autant de jolies surprises du voyage que de satisfactions de la terre promise.  (p. 36)
 
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Lecture dans une baignoire ? L'horreur ! Soit, ennuyeux,  le livre vous tombe des mains dans l'eau, soit, passionnant, il vous conduit dans l'eau froide à la congestion pulmonaire.  (p. 46)
 
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Lecture dans tous mes déplacements en train et en avion. Les sièges sont durs et on dispose d'une tablette pour poser le livre et le stylo. Les longs trajets en train sont des invitations à emporter du copieux. Le TGV est un crime contre la lecture.  (p. 46)
 
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C'est cela qui est formidable avec les rituels de lecture, personne n'a raison ni tort, chacun est libre de faire comme il l'entend, ils ne sont là que pour créer un lien unique entre le lecteur et le livre.  (p. 59)
 
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Votre libraire ne vous aide pas vraiment ? Devant lui, vous vous sentez un peu complexé ? Changez de crèmerie !  (p. 74)
 
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J'ai ce problème avec les livres : il me faut en reposer trois avant de passer à la caisse, alors que j'en ai encore six dans les bras et douze qui m'attendent sur ma table de chevet.  (p. 79)

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Mon conseil : explorez, de temps en temps, des contrées littéraires qui vous sont inconnues ou qui, de prime abord, ne vous tentent guère. Vous ne lisez jamais de poésie ? Jamais de théâtre ? C'est le moment d'essayer et peu importe si vous n'y connaissez pas grand-chose. On n'est jamais à l'abri d'un coup de foudre.  (p. 90)
 
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Les parents , oh qu'ils sont nombreux aujourd'hui, à souhaiter que leurs enfants s'isolent avec un livre et non avec un smartphone, un ordinateur ou une tablette ! Échapper à la tyrannie des images et à l'appel des réseaux sociaux apparaît comme un acte de résistance, de bravoure. (p. 94)

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Hélas ! Les livres n'ont jamais été un remède à ma tristesse. Quand je suis d'humeur mélancolique, je jauge avec une certaine indifférence le destin de mes héros, les affres qu'ils traversent - les miens sont bien plus terribles - ou le bonheur qui les submerge - tout cela n'est que du bluff, ils le payeront tôt ou tard, la vie est une chienne. (p. 109)
 
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La littérature est mon baromètre sentimental. Elle attend que je recouvre mes esprits, fait montre à chaque fois d'une patience infinie. C'est elle qui m'avertit des tempêtes que je vais devoir affronter avant de jouir d'un temps ensoleillé.  (p. 110)
 
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Lire, c'est vrai, donne souvent envie d'écrire. Réflexe immodeste parce qu'on se croit capable de prolonger soi-même des plaisirs ou des bénéfices de lecture et de les proposer un jour aux autres lecteurs. Logique et heureuse réactivité, le plus bel éloge en somme qui puisse être rendu à l'auteur qui vient d'être lu. L'admiration assoit chaque année des milliers de jeunes gens devant leurs ordinateurs.  (p. 139)
 
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Curieusement, l'excellence des écrivains classiques et la créativité des auteurs modernes issus du monde entier ne semble pas décourager les vocations. Pas plus que le vertigineux amoncellement des livres dans les librairies et les bibliothèques ne dissuade quiconque d'en ajouter un. On reste convaincu que tout n'a pas été dit et, le serait-ce, on se fait fort de le dire d'une manière qui n'a pas de précédent.  (p. 140)

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Au début de ma vie de journaliste, je gardais beaucoup trop de livres. Tous les nouveaux romanciers me paraissaient avoir un avenir. Le temps a douché mon optimisme. Quitte à me tromper, j'ai appris à éliminer, à sélectionner, à parier sur celui-ci de préférence à celui-là. Le temps a confirmé ou infirmé mes intuitions. Pour faire de la place aux nouveaux arrivants, il faut bien se séparer d'anciens qui ne tiennent pas la distance. Le temps est impitoyable.  (p. 148)
 
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Le livre est un cadeau doublement flatteur. Il valorise autant celui qui l'offre que celui qui le reçoit. Il est une invitation à entrer dans un savoir et à connaître un plaisir que l'un a déjà apprécié et que, par amour ou par amitié, il veut mettre sous les yeux de l'autre. C'est un pari sur l'intelligence plus risqué que des fleurs ou du vin.  (p. 155)
 
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Offrez des livres ! Ils s'ouvrent comme des boîtes de chocolats et se referment comme des boîtes à bijoux.  (p. 156)
 
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Le temps est un bien précieux. Pourquoi le perdre avec des livres qui sont des migraines ou des purges ? C'est justement parce qu'elle est une activité inestimable qu'il ne faut pas dévaloriser la lecture en en faisant une autopunition.  (p. 163)
 
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