mercredi 27 juin 2018

La mère qui voulait être femme - Maryse Wolinski


La mère qui voulait être femme

Maryse Wolinski
 


Bonjour à toutes et à tous,
 
Aujourd'hui, je vous présente un roman très tendre, sorti il y a quelques années : La mère qui voulait être femme de Maryse Wolinski, veuve du célèbre dessinateur de presse.

Ce roman met en scène les secrets de famille entre Marta, ancienne violoniste, Cécile sa fille qu'elle a abandonnée à son père et Esther sa petite-fille, qui a hérité du virus du violon, le tout auréolé par les souvenirs de Marta datant de la Seconde Guerre Mondiale.


A. Caractéristiques du livre


Titre =  La mère qui voulait être femme
Auteures = Maryse Wolinski
Edition - Collection = Editions du Seuil

Nombre de pages = 216 pages

Date de première parution =  2008  (sorti en format poche en 2009)
 
Note pour le livre = 13 / 20

 
B. Description de l'œuvre sur la quatrième de couverture
C'est une journée particulière, Marta, ancienne violoniste célèbre, fête ce soir ses quatre-vingt-dix ans. Sa fille, Cécile, prépare la réception et sa petite-fille de trente ans, Esther, s'apprête à donner un solo de violon pour l'occasion. Au fil des heures, alors que la soirée approche, les trois femmes replongent dans leurs souvenirs. Vie flamboyante ou égarée, abandon, trahison, plaisir et chagrin... À travers ces regards croisés se révèlent progressivement trois cheminements dont la singularité vient se briser sur un même secret. Et sur la même Histoire.


C. Mon avis sur le livre
Ce livre, merveilleusement écrit, nous livre une histoire de famille comme il en existe tant d'autres : cette grand-mère, à l'hiver de sa vie, mais qui refuse de se voir vieillir, la fille, attachée à sa mère, malgré le fait que cette dernière a préféré sa carrière à sa vie de famille et la petite-fille, partagé entre la rancœur pour sa grand-mère et l'amour pour sa mère.
Néanmoins, on comprend très vite quel secret de famille unit les trois générations et la majeure partie du livre, qui oscille entre la Seconde Guerre Mondiale et l'époque actuelle, nous livre un récit sur le sort d'une jeune fille juive durant la Seconde Guerre mondiale qui ne sort pas vraiment de l'ordinaire, un récit que l'on peut retrouver dans bien d'autres livres sur le sujet.
Il n'empêche que ce livre demeure très agréable à lire, bien que l'intrigue soit assez prévisible, la fin y compris.
 
D. Quelques bons passages du livre


Elle voudrait être cette note qui vient d'éclater et fait tressaillir sa mère, bouleverse son visage, embrume son regard. Elle voudrait être le violon que sa mère tient sous le cou et qu'elle manie avec prudence, douceur, grâce, amour. Elle voudrait être la partition sur laquelle elle penche ses grands yeux aux reflets d'or. Elle voudrait être la musique qui emplit la vie de Marta, ou devenir sa confidente. Elle voudrait être Mozart pour que sa mère l'admire.   (pp. 12-13)

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Marta, c'est l'Histoire qu'elle juge monstrueuse pour ce qu'elle lui a fait.  (p. 21)
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Il fait jour, mais Cécile vit dans une nuit noire, sans lune, toujours au bord du vertige.   (p. 35)

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Il n'y avait rien à comprendre au sentiment d'amour. On en était affecté comme d'une grippe. Seulement, des traitements existaient pour guérir de la grippe, rien encore n'avait été inventé pour se délivrer de la maladie d'amour.  (p. 43)

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Partout où elle va, partout où elle est, elle se sent "étrangère". Et la famille est, par excellence, le lieu de l'exil.   (p. 46)

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Esther repense à Marta, à cette étrange grand-mère incapable de s'aligner sur un modèle quelconque. Elle ne vit pas, elle joue sur une scène de théâtre qui s'appelle la vie, fabriquant des mythes à foison.  (p. 49)
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Pourquoi Cécile continue-t-elle à la contempler comme si elle était un animal de laboratoire ? Voilà bien ce que deviennent les vieux : des rongeurs qu'on observe à la loupe pour évaluer le déclin de leur énergie, de leur moral et de leur puissance de séduction, en déduire ainsi le temps qui leur reste à vivre. Marta n'entre ni dans la catégorie des rongeurs, ni dans celle des vieux.  (p. 65)
 
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Tant que sa mère vivra, son existence sera en désordre. Après, elle s'encombrera de son absence.   (p. 87)
 
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Où le conduisent ces images intactes qui surgissent de sa mémoire ? Altérées, passées, usées, elle se reflètent dans le miroir cruel du temps.  (p. 102)
 
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Se remémorer le passé, c'était sans cesse sombrer un peu plus profondément dans la vieillesse. La vie l'avait rendu vieux, il n'en guérirait pas.  (p. 103)
 
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En jouant à faire la révolution, les femmes comme Cécile ont enfanté une génération de déboussolés. Elles ont cru que les femmes étaient des hommes comme les autres. Elle se sont trompées de guerre. Merci pour la transmission !  (p. 122)
 
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Le miroir ne reflète plus qu'une ombre indécise d'elle-même. Les contours de son visage se font de plus en plus imprécis. La vue s'évanouit avec la vie. Peut-être est-ce mieux ainsi. Ne pas savoir ce que l'âge a bouleversé, ignorer les sillons que l'existence trace sur la peau. Être à côté de soi. Seul le regard de Cécile la rappelle à sa condition de femme de quatre-vingt-dix ans.  (p. 152)

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Hier n'existe pas ! Se plonger dans l'enfance, c'est se détruire.   (p. 165)
 
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La mort ! Dans la chambre close aux murs verdâtres, Cécile s'était interrogée sur ce dont souffraient Marta et sa voisine. Était-ce de la vieillesse, comme le serinaient les officiels de l'hôpital ? Non, elles souffraient toutes deux de la peur de la mort.  (p. 174)

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Il se sait peu enclin à l'introspection. Et ce n'est pas à son âge qu'il va chercher à analyser le tourment que lui inflige le destin.  (p. 186)
 
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Creuser les bas-fonds de la mémoire provoque des douleurs intenses dans tout son corps. Elle en pleurerait si il lui restait quelques larmes. Mais elle n'est qu'une vieille femme hantée par une histoire dont elle n'est même plus capable de savoir comment elle l'a vécue. Le passé s'éloigne d'elle et le présent est un vain mot.  (p. 200)
 
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