lundi 2 avril 2018

Le champ de bataille - Jérôme Colin


Le champ de bataille

Jérôme Colin
 


Bonjour à toutes et à tous,
 
En ce premier avril et jour de Pâques, je vous présente un roman d'un auteur belge qui m'a beaucoup plu sur les affres de l'adolescence et la réaction des parents par rapport à cette période de la vie de leurs enfants.

Je vous présente donc le roman Le champ de bataille de Jérôme Colin.


A. Caractéristiques du livre


Titre =  Le champ de bataille
Auteur = Jérôme Colin
Edition - Collection = Allary Editions
Date de première parution =  2018
 
Note pour le livre = 18/ 20

 
B. Description de l'œuvre sur la quatrième de couverture
Le problème, avec les enfants, c'est qu'ils grandissent. Un jour, sans prévenir, ils claquent les portes, rapportent de mauvaises notes et ne s'expriment que par onomatopées. Surtout, ils cessent de vous considérer comme un dieu sur terre. Et ça, il faut l'encaisser.
La science explique qu'ils n'y sont pour rien. C'est leur cerveau en formation qui les rend feignants, impulsifs et incapables de ramasser leurs chaussettes. N'empêche. On n'a jamais rien créé de pire que les adolescents du virtuolithique.
Voici l'histoire d'un couple sur le point de craquer face aux assauts répétés de leur fils de 15 ans. Qu'ont-ils mal fait ? Rien. Mais la guerre est déclarée. Et ils ne sont pas préparés. L'école les lâche, le père part en vrille, la mère essaye d'éteindre l'incendie.
C'est un roman sur l'amour familial où les sentiments sont à vif, comme sur un champ de bataille.

C. Mon avis sur le livre
Ce roman est tout simplement excellent !
Avec une très belle plume, alerte, tantôt légère, tantôt très sérieuse, et parfois très ironique, Jérôme Colin restitue avec une grande justesse les attitudes (parfois injustes et violentes) propres à l'adolescence et aussi l'attitude des parents, désespérés à un point qui, par moments, frise le comique, voire le ridicule (surtout pour le père).
Le roman a également le mérite de placer l'action dans une période très troublée : la nôtre, troublée notamment pour les attentats et le terrorisme, dont l'auteur saura se servir à merveille pour construire la psychologie du fils qui devient, de par son caractère rebelle, le centre de toutes les inquiétudes, ainsi que le rapport de l'adolescent à son père.
En bref, on a vraiment du mal à lâcher ce livre une fois qu'il est entamé. Un très bon roman, à mettre entre toutes les mains et qui, à défaut de donner des clés de résolution, peut aider à canaliser les parents désespérés par l'adolescence de leur "bébé" !

D. Quelques bons passages du livre

Il avait l'air inoffensif, affalé sur le divan, le téléphone portable sur les genoux, la télécommande de la télévision dans une main et un paquet de chips dans l'autre. Depuis un an, il s'était pourtant méthodiquement appliqué à mettre notre famille à feu et à sang.  (p. 12)

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Le cancer tue les adultes. La connerie a raison des adolescents.  (p. 15)
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Un enfant, on ne devrait jamais lui permettre de dépasser douze ans. C'est, à mon humble avis, le grand maximum. Après, les emmerdes commencent.  (p. 17)

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La vie de famille laisse des traces. Même sur les jolies filles qui croyaient leur jeunesse éternelle.  (p. 51)
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Les mères sont comme ça, elles fonctionnent au malheur.   (p. 57)

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Assis sur ma cuvette anticalcaire, je fixais les photos des enfants. Je m'arrêtai sur le visage de mon fils. Rien sur la photo ne laissait présager qu'un jour, il ferait pleuvoir le napalm sur notre famille. (p. 83)
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Les enfants sous Ritaline, les ados sous cannabis, les parents sous antidépresseurs. Tout va bien !  (p. 97)
 
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Trente ans plus tard, l'école n'a pas changé. Elle juge toujours nos enfants sur leur capacité à accepter tête baissée son système hiérarchique. Elle continue à célébrer ceux qui acceptent ses règles et d'éconduire au fond de la classe ceux qui ne parviennent pas à s'y plier. Elle persiste dans l'idée que toute promotion sociale doit automatiquement passer par elle. Et disqualifie ce faisant toute autre forme d'univers formatif : le groupe, la famille, les loisirs, la culture. Il n'y a que ses notes qui comptent. Et elles sont fondées sur l'obéissance à des règles primitives : gavage, régurgitation. Pour ce faire, elle prend nos enfants en otage à temps plein dès qu'ils ont trois ans pour qu'ils ne puissent jamais se douter de la possibilité d'une vie au-dehors.  (p. 101-102)
 
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J'avais honte de les avoir offerts à une société organisée pour leur voler les plus beaux moments de leur vie. [...] J'avais honte de voir leur enfance et leur adolescence sacrifiées pour des devoirs à faire.  (p. 103)
 
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Avoir un adolescent, c'est accepter de savoir perdre son temps. Et avoir de fréquentes envies de meurtre sans jamais passer à l'acte.  (p. 105)
 
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On n'aura jamais lu tous les livres, on n'aura jamais assez expérimenté, on n'aura jamais assez dit aux gens qu'on aime qu'on les aime. La vie n'est pas quelque chose dont on doit se rassasier...   (p. 114)

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Aujourd'hui, l'Eglise n'a plus le monopole de la culpabilité . Les psys ont pris le relais.  (p. 130)
 
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Pourquoi toujours penser au pire ? Parce qu'on n'a pas le choix. Parce que notre cerveau est fait comme ça.  (p. 167)
 
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J'ai toujours aimé la capacité des Belges à réagir à l'adversité. Nous le faisons avec une sorte de fatalité comique, qui semble dire que rien, jamais, ne nous mettra véritablement à terre. (p. 175)

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Demain ? Que sais-je de demain ? Ici, il y a tout l'aujourd'hui qu'il faut.  (p. 207)
 
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