jeudi 19 avril 2018

Eviter les péages - Jérôme Colin


Eviter les péages

Jérôme Colin
 


Bonjour à toutes et à tous,
 
En ce 18 avril, je vous présente le premier roman de l'auteur dont je vous ai présenté le chef-d'œuvre il y a quelques semaines, M. Jérôme Colin. Ce roman intitulé Eviter les péages raconte l'odyssée d'un chauffeur de taxi à travers Bruxelles, met en scène ses clients, entre l'alcoolique et la mère désabusée...et bien d'autres.


A. Caractéristiques du livre


Titre =  Eviter les péages
Auteur = Jérôme Colin
Edition - Collection = Allary Editions
Date de première parution =  2015
 
Note pour le livre = 14 / 20

 
B. Description de l'œuvre sur la quatrième de couverture
À partir de quarante ans, la vie est toute tracée. C'est ce qu'il pensait avant de rencontrer Marie un après-midi dans un bar.
Il est chauffeur de taxi, père de trois enfants, marié depuis quinze ans, propriétaire d'une maison avec jardin en périphérie de Bruxelles et sa belle petite vie roulait tranquillement. Jusqu'à ce que Marie lui sourit et lui offre la possibilité d'un nouveau départ.
Ce n'est pas une décision qu'un homme prend facilement. Alors il continue de rouler au son de Bashung, Jeff Buckley et des confidences de ses clients.
Quitter sa femme pour une autre qu'il connaît à peine : il y songe. Rester avec une femme qu'il n'est plus sûr d'aimer : il y songe aussi. En attendant, il s'accroche à son volant et monte le son, espérant trouver dans les paroles de ses chansons préférées la bonne façon d'aimer.

C. Mon avis sur le livre
Comme vous le savez, j'ai trouvé le second roman de Jérôme Colin absolument excellent et ai eu tout de suite très envie de me plonger dans ce premier roman.

Le style de ce premier roman est tout aussi excellent, rempli d'ironie et de phrases bien senties. Malheureusement, au niveau du fond, même si la majeure partie des éléments sont intéressants, je ne peux m'empêcher de penser, à certains moments, que le premier et le second roman sont le même roman écrit de manière différente, et avec une focalisation différente. J'ai l'impression que les deux romans racontent la vie d'un homme de quarante ans un peu paumé, qui ne sait pas quoi faire pour avancer dans la vie (dans le premier à cause de son travail, dans le second à cause de son ado), avec son lot de drames et de petits bonheurs, ainsi que ses interrogations sur la vie.

Toutefois, au-delà de cette ressemblance, il ne faut pas oublier que le roman est très bien écrit et très agréable à suivre, jusqu'au dénouement un peu inattendu.

D. Quelques bons passages du livre

Pourquoi engager la conversation avec un inconnu dont ne croisera jamais la route ?  (p. 11)

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Comme tous les ados, j'ai rêvé à un destin extraordinaire. Et comme tous les adultes en grandissant, j'ai juste fait ce que la vie attendait de moi : aller tout droit, sans éviter les péages. Je voulais passer au rouge, travers la ligne continue, désobéir, exister. Mais en réalité, j'étais devenu un homme prudent. J'avais beau rêver, j'avais eu en échange une belle petite vie. Une très belle petite vie.  (p. 17)
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Qu'ont-ils bien pu traverser, ces gens qui ne mentent plus ?  (p. 18)

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Taximan, ce n'était pas une vocation. Aucun gamin ne rêve de passer sa vie dans les embouteillages. À quinze à l'heure. De trimballer pendant quarante ans une bande de gros cons qui pour la plupart, râlent parce qu'il pleut ou qu'il fait trop chaud, parce qu'il y a trop de trafic ou parce que la course est plus chère qu'ils ne l'avaient imaginé. (p. 25)
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Des chansons qui ne passent presque plus à la radio. C'est fini. Les instituts de sondages ont mis les artistes hors d'état de nuire, leur préférant un petit groupe d'interprètes pour qui ne rien dire semble l'objectif principal.  (p. 40)

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Le problème avec la réalité, c'est qu'elle ne s'arrête jamais. La routine ne fait pas de trêve.  (p. 64)
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Moi, le bordel ne m'atteint pas. Au contraire, il me rassure. Le désordre a quelque chose de cohérent avec ce qui se passe en permanence au dernier étage de mon corps.  (p. 76)
 
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Que c'est bon d'avoir mal quand le bourreau est une chanson douce.  (p. 79)
 
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Phrase d'Hippolyte Taine : On s'étudie trois semaines, on s'aime trois mois, on se dispute trois ans, on se tolère trente ans, et les enfants recommencent.   (p. 83)
 
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Il faudra qu'un jour, je me décide à choisir le mot de la langue française que j'exècre le plus : jamais ou toujours ? Jusqu'ici, impossible de les départager. Tant leur côté définitif me donne la nausée.  (p. 90)
 
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L'homme n'est jamais aussi con que lorsqu'il est coincé dans les embouteillages.  (p. 108)

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Ce matin-là, Dieu soit béni, je me réveillai une nouvelle fois en bandant. Fallait-il donc que ma femme soit loin de moi pour que ça revienne ?  (p. 125)
 
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Autrement dit, c'était une façon non seulement plaisante mais peu coûteuse d'allonger son espérance de vie. Un peu comme la salle de gym, la natation ou la zumba, sauf qu'avec la masturbation, pas besoin de prendre sa voiture et de passer dix minutes à chercher une place.  (p. 127)
 
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Morale de cette histoire : si tu veux être heureux, ne fais jamais d'enfants. Et ne tombe jamais amoureux. Sois un connard qui ne s'attache pas. Franchement, j'aurais voulu être un connard. Mais je n'y suis pas parvenu.  (p. 139)

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S'il vous plaît, montrez à vos enfants que les couples, c'est laborieux, pénible, douloureux. Ne vous aimez pas trop fort devant eux. Sinon, ils ne s'en sortiront pas avec l'amour...   (p. 142)
 

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Les mots sont inutiles face au mystère des retrouvailles.   (p. 146)



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D'habitude, les nostalgiques m'agacent. Mais l'élégance avec laquelle elle refusait d'appartenir à aujourd'hui me toucha.  (p. 152)
 
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L'école devrait être un grand buffet où chacun pourrait se servir comme il l'entend. Parce qu'à part lire, écrire et compter, on devrait ensuite avoir le droit de choisir ce qu'on veut. Mais au lieu du buffet, on nous propose un menu mesquin où rien que le nom des plats est déjà sans saveur. C'est assez ridicule, ce système.  (p. 153)
 
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Existe-t-il une pilule pour chasser les idées à la con ?  (p. 159)

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Rêver de petites choses insignifiantes loin de la masse étouffante de ce monde de merde.  (p. 178)
 

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À ma commune, une dame s'occupa de moi très gentiment. Une place venait de se libérer pour le lendemain au nouveau crématorium de Bruxelles. Mais comme pouvait-on annuler un tel rendez-vous ? Quelqu'un avait déjà pris son ticket et avait décidé de vivre quelques jours de plus ? Une résurrection ? Une famille trouvant les lieux peu à son goût avait décidé d'aller voir ailleurs ? Toujours est-il qu'une place s'était libérée. Et que je pouvais enterrer Henry le lendemain à 17 heures.  (p. 185)
 
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Le crématorium est le carrousel de la misère. Le temple de la tristesse érigée en industrie.  (p. 188)

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2 commentaires:

  1. Je peux comprendre ta déception...

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  2. Auteur à découvrir mais plutôt avec le deuxième roman.

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