samedi 28 avril 2018

Bart chez les Flamands - Frank Andriat


Bart chez les Flamands

Frank Andriat
 


Bonjour à toutes et à tous,
 
En cette fin du mois d'avril, je vous présente le dernier auteur belge que je lirai pour le moment, puisque le "Mois belge d'Anne et Mina" est sur le point de s'achever.

Pour terminer ce mois, je vous propose un roman d'un auteur que d'ordinaire j'aime beaucoup mais qui, là, m'a un tout petit peu déçu, roman qui, toutefois, a le mérite de nous faire revenir en mémoire tous les évènements qui se déroulent en ce moment dans notre beau Plat Pays, mais d'une manière parodiée.

Je vous présente donc le roman Bart chez les Flamands de Frank Andriat.


A. Caractéristiques du livre


Titre =  Bart chez les Flamands
Auteur = Frank Andriat
Edition - Collection = Renaissance du Livre
Date de première parution =  2012
 
Note pour le livre = 13 / 20

 
B. Description de l'œuvre sur la quatrième de couverture
2030, les Flamands ont obtenu la scission de la Belgique et ont créé leur République. Tout ne s'est pourtant pas déroulé comme prévu. Repliée sur elle-même, la Flandre vit à marée nasse pendant que, dans ce qui reste du royaume de Belgique, suite à la découverte de l'or dans le sous-sol wallon, règnent la joie et l'opulence.

La reine Mathilde décide de tendre la main aux Flamands et éveille les voix nationalistes du prospère petit pays : Bart Lecoq, président de la NWA, monte au créneau. Pas question de donner un euro aux Flamands ! La Première ministre lui propose d'apprendre à connaître cette Flandre qu'il vilipende. Il relève le défi et, durant un voyage de trois jours, découvre un pays dont la réalité ne correspond en rien à ses idées fixes.


C. Mon avis sur le livre
Comme dit dans l'introduction, d'ordinaire, j'adore les écrits de Frank Andriat, que ce soient ses romans (comme Jolie libraire dans la lumière) ou ses écrits sur l'école (comme Les profs au feu et l'école au milieu ou encore Moi, Ministre de l'enseignement) et je me réjouissais vraiment de lire, de sa plume, un livre qui parodiait notre chère et si ubuesque politique belge. Toutefois, je dois avouer que, contrairement à beaucoup de mes compatriotes, je suis un tout petit peu resté sur ma faim.

En effet, malgré une plume alerte et une écriture très ironique, qui plaît à se moquer de nos politiciens et en particulier des nationalistes de toutes obédiences, j'ai trouvé que l'action mettait du temps à s'installer et que l'intrigue ne connaissait que très peu de rebondissements (même si ces derniers sont très drôles), ce qui, au final, donne l'impression que le livre est plus long qu'il ne l'est réellement.

Malgré cela, on peut relever le fait que ce roman, bien que datant de bientôt 6 ans, n'a absolument pas vieilli et épouse, plus que jamais, la mentalité politique et les préoccupations de la Belgique de 2018.


D. Quelques bons passages du livre

La Flandre était tombée bien bas et le nationalisme faisait grise mine. La Flandre se cherchait des cerveaux pour s'offrir un nouvel avenir, mais intellectuels et démocrates avaient fui la République quand elle avait commencé à prendre des mesures discriminatoires envers celles et ceux qui menaient une opposition intelligente et constructive aux vitupérations extrémistes des fanfarons forains élus par le peuple.  (p. 13)

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Ils se contentèrent donc d'un minuscule empire qui tourne en rond sur lui-même en accusant les autres de leurs malheurs. (p. 13)
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La Flandre prit la nouvelle de la bonne fortune wallonne comme un coup de poing dans l'estomac. Les ténors du nationalisme ne purent que constater les dégâts de la séparation sans en oser ouvertement la remarque. (p. 20)

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Pas question d'avouer qu'on s'était planté en s'isolant ! Il fallait donc des boucs-émissaires et on affirma donc que les Wallons avaient profité de l'annexion de Bruxelles pour appauvrir la Flandre et lui ravir les entreprises florissantes en leur louant des terrains à des prix ridicules.  (p. 32)
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Il est important qu'il découvre la réalité du pays pour ouvrir son cœur. Il vit la Flandre à travers les fantasmes qu'il en a.  (p. 48)

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La Flandre n'allait quand même pas lécher le cul des Wallons sous prétexte que leur coq avait des couilles en or !  (p. 55)
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Les nationalistes et l'extrême-droite majoritaires avaient coupé le bec à toute opposition et les médias aux mains du gouvernement ne diffusaient plus ou peu les visages et les noms de celles et de ceux qui faisaient entendre un son de cloche différent de celui du pouvoir. On se serait cru en Tunisie au temps de Benali.  (p. 56)
 
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Diriger la Belgique nouvelle était un art délicat. Même si Bruxelles et la Wallonie s'épaulaient, celui qui tenait le gouvernail de l'État devait demeurer attentif aux diverses susceptibilités qui pouvaient incendier les débats en quelques secondes. Chacun avait son fief : Liège, Namur, Mons et Charleroi ne parlaient pas toujours d'une même voix et Bruxelles pesait de tout son poids dans les discussions, sans compter les gens du Sud, les Ardennais et les Gaumais, et les germanophones.  (pp. 68-69)
 
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Martine avait de belles mamelles, dodues comme la Flandre de l'époque, persuadée qu'elle nourrissait Bruxellois et Wallons. Bart se demanda si, avec le temps, elles s'étaient affaissées comme l'économie flamande. L'image l'attrista. Sa première petite amie resterait toujours belle dans sa mémoire. Martine et la Flandre ne se comparaient pas.  (p. 78)
 
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Les Flamands n'étaient donc pas ces sauvages nationalistes qui se promenaient dans les rues avec un couteau entre les dents ?   (p. 81)
 
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Barthélémy Lecoq savait comment les partis d'extrême-droite flamands de la fin du vingtième siècle présentaient les Wallons. Comme des pauvres types, chômeurs et ivrognes, fainéants et profiteurs. La Wallonie n'était qu'une région où les gens bourrés ne pouvaient plus marcher droit et Bruxelles, une cité où il y avait plus de minarets que d'églises et où les jolies Flamandes appétissantes comme un pain chaud devaient porter la burqa pour ne pas se faire agresser dans les rues. Une vision non conforme à la réalité, une vision parcellaire et raciste qui outrait Bruxellois et Wallons. Quelle image avait-il de la Flandre ? Celle d'un pays qui avait tout fait pour larguer la Wallonie et qui, aujourd'hui, payait les pots cassés d'une décision outrancière ? Celles de personnes qui croquaient du francophone comme, jadis, à l'époque où il y en avait encore, les laïques bouffaient du curé ? Sans nuance et sans chercher à découvrir les dessous de leur soutane.  (pp. 81-82)
 
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S'il voulait se montrer honnête avec lui-même, Bart devait reconnaître qu'un homme politique réduit souvent sa vie et sa vision du monde à quelques phrases simplistes qui lui servent de slogans pour se faire comprendre du plus grand nombre. On n'attire pas la foule avec des arguments, on la séduit avec des formules.   (p. 82)

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Voyez où le nationalisme nous a conduits ! La Flandre a perdu ses couilles à force de vouloir dorer son blason.   (p. 87)
 
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Lorsqu'on retrouve la nostalgie du passé, on recommence à aimer les lieux et les gens qui y sont associés.  (p. 104)
 
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Engluer d'abord, étouffer ensuite, pour que les gens vivent heureux sans se rendre compte qu'ils sont déjà morts : la politique est un art arachnéen auquel tous ne peuvent s'adonner avec bonheur.    (p. 139)

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Quand on est extrémiste, on ne met pas sa langue dans sa petite culotte et c'est pour cela qu'on semble si souvent ridicule.   (p. 149)
 
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Lorsque la Flandre avait acquis son indépendance, à l'exemple de la téléphoniste qui avait grossièrement envoyé balader la grand-mère de Bart, certains extrémistes avaient voulu éradiquer  les fransquillons de leur nouvel État. Tout avait été bon pour les sbires de la Vlaamse Republiek : interdiction aux commerçants d'afficher des annonces dans les deux langues, interdiction sous peine de dénonciation au Ministère de la Pureté nationale, de répondre en français à un client francophone, interdiction de vendre du pâté gaumais, des bières trappistes wallonnes ou autres fromages équivalents alors qu'il existe des produits labellisés flamands, interdiction de diffuser, d'entonner, voire de siffloter la Brabançonne dans des lieux publics et installation sur chaque clocher d'église d'un lion pour remplacer le coq, décidément trop francophone.   (p. 151)
 
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La Première croyait décidément trop en l'intelligence humaine : on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif.   (p. 177)

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Il fallait prouver aux Wallons et aux Bruxellois que la république de Flandre n'était pas un voisin encombrant qui poussait des pauvres à converger vers les richesses de la petite Belgique, mais un voisin avec qui l'on pouvait conclure de nouveaux accords qui mèneraient Wallons et Bruxellois vers davantage de prospérité et de douceur de vivre. Avec le PASOS et les partis qui voudraient collaborer avec lui, les Belges iraient une nouvelle fois vers l'avant, continueraient de s'ouvrir aux autres pour créer du bonheur pour tous.   (p. 180)
 
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3 commentaires:

  1. Auteur inconnu pour moi , peut-être pour le prochain mois blege :)

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    1. Si vous voulez un conseil pour cet auteur, lisez plutôt "Jolie libraire dans la lumière", qui est un court roman absolument magnifique.

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  2. Il y a aussi de bons romans jeunesse chez Frank Andriat.

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