mardi 6 février 2018

Raphaël - Karine Langlois


Raphaël
 
Karine Langlois
 


Bonjour à toutes et à tous,
 
Aujourd'hui, je vous présente un livre que j'ai eu l'occasion de découvrir grâce à l'Opération Masse Critique du réseau social de lecteurs Babelio. Ce que je peux dire en préambule, c'est que ce livre est un vrai bijou d'émotion.

Je vous présente donc le roman Raphaël, deuxième livre, mais premier roman de Karine Langlois.


A. Caractéristiques du livre


Titre =  Raphaël
Auteur = Karine Langlois
Edition - Collection = Editions de la Rémanence
Date de première parution =  2017
 
Note pour le livre = 18 / 20

 
B. Description de l'œuvre sur la quatrième de couverture
En Normandie, entre Cabourg et Houlgate vit Raphaël, un garçon de huit ans qui aime sa mère de manière fusionnelle. Quand quelques années plus tard, il doit apprendre à surmonter son absence, le roman suit ses tâtonnements dans sa recherche d'un amour absolu, dans la quête de son identité et de sa sexualité. Ces apprentissages, à l'aube de l'adolescence, se feront aussi grâce à l'écriture et à la littérature qui trouvent des échos dans sa vie.
 

C. Mon avis sur le livre
Comme je l'ai dit dans l'introduction, ce roman est un vrai bijou de sensibilité et d'émotion.

Le parcours difficile de ce jeune garçon est écrit avec une telle justesse qu'il est parfois difficile de retenir ses larmes, notamment lorsque Karine Langlois raconte la mort de sa maman (de façon accidentelle et stupide).

Le roman est tellement bien écrit et retranscrit tellement bien les sentiments de Raphaël et de ses proches, que l'on a du mal à ne pas s'identifier à ces personnages et à penser à ce qui a pu arriver (ou à ce qui pourrait arriver) dans nos propres existences, lors de la perte d'un proche.

De plus, le roman connaît de multiples rebondissements aussi intéressants qu'inattendus, ce qui fait qu'on n'a pas envie de lâcher le livre avant de l'avoir fini.

En bref, une histoire extrêmement émouvante, extrêmement bien écrite, que je ne regrette pas d'avoir découvert. Un vrai bijou !

D. Quelques bons passages du livre
 
C'est le temps de l'enfance et de l'insouciance dont il s'est éloigné si vite. Le temps des ballons et des rebonds sur les galets mouillés par la marée, le temps des ricochets depuis la jetée, le temps des coquilles écrasées que l'on fait crier sous les pieds, le temps des jeux idiots, du varech dans les maillots, le temps des mises en garde des mamans, auxquelles on répond en les raillant, le temps des défis, des abordages, des premières luttes en plein mer et des rebuffades des eaux au goût amer, le temps des garnements qui s'ébattent en courant pour faire fuir les goélands. (p. 9)

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Raphaël a développé une relation fusionnelle avec sa mère depuis la mort de son père, dirait un psy. Mais est-ce un crime de s'aimer trop ? Entre eux, il n'y a qu'une place, prise par Elfie (le chien), dont ils s'occupent tous les deux comme d'un enfant. On peut dire qu'ils sont heureux tous les trois. Rien que tous les trois.  (p. 17)
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Ils se voient maintenant régulièrement, quand l'emploi du temps de Baptiste le permet. Son travail d'enseignant lui libère plusieurs après-midi dans la semaine, mais il ne peut jamais voir Blanche le mercredi après-midi, ni le week-end. Elle st avec Raphaël. Parfois, Baptiste a l'impression d'être avec une femme mariée, mais a-t-il le droit d'être jaloux de son fils ?   (p. 21)

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La police a confirmé l'accident. Papy et Mamie ont alors pu tout dire à Raphaël. Il s'est fait répéter qu'elle était morte dans son bain. Il n'a pas pleuré, comme s'il s'y attendait. La peur de la perte, qui taraude, pendant des années est peut-être pire que la perte. Ce ne sont pas les cris, les larmes, les suffocations de désespoir, tout ce vacarme nécessaire parfois qui accompagne le deuil; non, ce n'est pas cela qui dit que la mort est passée là, dans ce village qui fleure l'existence paisible. Ce sont trois personnages silencieux, en ruines et mystérieusement debout. Papy et Mamie ont adopté la même attitude singulière que Raphaël qui semble vouloir enterrer son chagrin. On se tait, on ne se réconforte pas. On est là et on sait.  (p. 43)
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Cela fait plaisir à Raphaël de la voir inchangée, elle ne ressemble même pas à une poupée de cire. Lui, c'est différent : il sait qu'il dépose son enfance avec sa mère dans ce cercueil.  (p. 45)

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Raphaël se sent soudain mortellement seul, seul au monde, sans repère, sans attache, à la dérive en plein mer, sur un radeau. Un seul point rassurant à l'horizon, une île. Il saisit Elfie qui avait déjà mis son museau sous son bras, comme début d'enlacement.
Et Raphaël intime, seul devant celle qu'il aime le plus après Maman, trouve enfin la force d'exhumer son chagrin et pleure, pleure sa Maman.  (p. 49)
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Raphaël s'écroule sur le lit, brisé par l'absence. Il redevient petit, tout petit garçon, pleurant à perdre haleine, avec la lucidité d'un grand qui sait que personne ne pourra le consoler.   (p. 59)

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Raphaël, même s'il trouve la paix, la nuit, est encore fatigué le jour, car oui, la démotivation et le dégoût de vivre, ça fatigue.  (p. 69)
 
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Le temps a commencé à dompter la douleur de l'absence, mais comme l'existence lui semble vide sans celle qui donnait sens à tout. Il ne se sent plus vraiment un enfant depuis que sa mère est partie (l'enfant de qui ?), mais aujourd'hui, Maman n'est pas là pour le voir entrer dans le monde des grands. (p.  78)
 
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Papy se sent à l'étroit, étouffé par un monde de littérature qu'il sent ne pas être pour lui. Il préfère sortir. Il ne comprend pas que les livres, ce n'est pas un monde parallèle au sien, que la littérature, elle raconte la vie, la sienne.   (p. 102)
 
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Son présent, maintenant, c'est davantage le souvenir d'une femme qui a aimé et a été aimée que celui d'une maman; c'est davantage le souvenir d'une mère qui a pu mentir que celui d'une maman qui a dit tant de jolies vérités. Son présent, c'est son professeur qui a fait semblant de l'aimer, alors qu'il n'aimait qu'elle. Il sent bien qu'il est jaloux de cela aussi, de l'amour qu'il a pour elle. Il les déteste.  (p. 106)
 
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Des livres sont comme des rencontres parfois : un choc qui fait grandir , qui fait évoluer son regard sur soi et les autres.  (p. 109)

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1 commentaire:

  1. Merci pour votre avis qui me touche profondément. Je suis très heureuse d'avoir suscité des émotions en vous. Karine Langlois.

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