jeudi 2 novembre 2017

Edmond Ganglion & fils - Joël Egloff


Edmond Ganglion & fils
 
Joël Egloff



Bonjour à toutes et à tous,
 
Aujourd'hui, je vous présente un livre qui m'attirait depuis la sortie de son adaptation cinématographique, cette année, intitulée Grand Froid, avec Jean-Pierre Bacri et Arthur Dupont.

Je vous présente le livre Edmond Ganglion & fils de Joël Egloff, une plongée poilante dans le milieu des pompes funèbres.


A. Caractéristiques du livre

Titre =  Le facteur émotif
Auteur = Joël Egloff
Edition - Collection = Gallimard  (Folio pour la version poche)
Date de première parution =  1999 dans une édition monégasque et 2001 dans une édition française.
 
Note pour le roman = 16 / 20

 
B. Description de l'œuvre sur la quatrième de couverture
 
Saint-Jean, c'est un petit village à la dérive, quelque part. On ne part pas de Saint-Jean, et jamais on n'y vient. On y est, on y reste.

Là-bas, rue Principale, les pompes funèbres "Edmond Ganglion & fils" agonisent lentement et ne comptent plus que deux employés : Georges, un vieux de la vieille, fossoyeur de la première heure, et Molo, un jeune homme serviable mais sans expérience. Ganglion s'angoisse, se ronge, et prie pour les affaires reprennent. Georges patiente et Molo rêvasse.

Un jour, un mort, enfin. Et tout commence...

C. Mon avis sur le livre

En voilà une histoire qui nous ferait presque aimer les pompes funèbres ! Pour un premier roman (il en a écrit d'autres depuis), Joël Egloff met dans le mille avec cette histoire de village sans aucun mort, qui ruine les pompes funèbres...jusqu'au jour "béni" où quelqu'un a enfin "la bonté d'âme" de claquer.

Commence alors, pour le convoi funéraire, une vraie aventure rocambolesque, teintée d'un humour caustique et tellement bien écrite qu'on ne peut lâcher le livre...et ce, jusqu'à l'ultime rebondissement...
 
D. Quelques bons passages du livre
 
Chaque jour avec plus de certitude, Ganglion sentait la fin de son commerce approche. L'habitude qu'il avait prise en quarante ans de métier de n'intervenir, qu' "après" le rendait d'autant plus inapte à affronter cette lente décadence. C'était un homme d'épilogue, jamais il n'avait craint aucune situation désespérée, celles qu'il redoutait par-dessus tout étaient celles qui n'étaient que graves.  (p. 21)

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En dépit de ce marasme, il gardait une très haute opinion de sa profession. "Il y a deux personnes absolument indispensables en ce bas monde, disait-il. La sage-femme et le fossoyeur. L'une accueille, l'autre raccompagne. Entre les deux, les gens se débrouillent."  (p. 21)
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Chaque jour qui passait où rien ne se passait, il rentrait chez lui plus serein que la veille et s'endormait heureux, persuadé de faire, maintenant, le plus beau métier du monde, celui d'attendre à longueur de journée que les gens ne meurent pas.  (p. 28)
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Le soir même, après la fermeture, pris de remords, Ganglion partit à l'église, prier pour que la doyenne s'en sorte. Il promit qu'il ne boirait plus, et à tout hasard, il demanda que les affaires reprennent. Lorsqu'il voulut allumer un cierge pour valider ses prières, il fut sidéré en découvrant le prix affiché. "Cent francs, le cierge." En imposant de tels tarifs, le curé s'assurait que les paroissiens trop peu motivés n'obtiennent rien du ciel, que ceux qui demandaient tout et n'importe quoi ne le demandent plus, et que ceux qui remerciaient le fassent avec un peu plus de gratitude.  (p. 53)

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Ganglion avait été exaucé, mais il avait su garder la tête froide. Si ce défunt tombé du ciel lui permettrait au moins de calmer ses créanciers les plus pressants, il savait bien qu'il en faudrait plus d'un pour que les affaires reprennent. Il attendait beaucoup de la loi des séries.  (p. 61)

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Georges parlait peu; le moins possible. Un peu par lassitude, mais surtout par économie. Il redoutait que les paroles ne repoussent pas, un peu comme les dents, convaincu que si les enfants parlaient à tort et à travers, c'était parce qu'ils avaient encore leurs mots de lait. Lui qui tant de fois s'était heurté au silence des défunts, à leur manque de conversation, il avait fini par comprendre le lien de cause à effet pervers qui existait ente le bavardage et la mort.  (p. 78)

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Pour retarder le plus possible l'instant où ses derniers lui dessécheraient les lèvres, il s'était persuadé qu'en parlant peu, en étant bref, il aurait toujours quelque chose à dire, et tant qu'il aurait quelque chose à dire, il vivrait. (p. 78)

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On n'a pas besoin d'eux, on est payés pour enterrer le défunt, par pour courir après la famille. Tant pis pour eux, s'ils ne veulent pas nous suivre.  (p. 87)

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Désemparé, il avait finalement décidé d'appeler Ganglion pour lui rendre compte de la situation et lui demander des consignes précises. Molo avait été surpris de cette courageuse initiative. Il connaissait les colères de leur patron, et il fallait de la trempe pour le réveiller à cette heure et lui avouer qu'en pleine nuit ils promenaient le défunt à travers la région, sans savoir où ils étaient, sans savoir où était la famille, sans savoir où était le cimetière. Il avait surtout apprécié que Georges ne se soit pas dérobé et qu'à aucun moment il n'ait suggéré que ce soit lui qui appelle. Il dut reconnaître qu'il avait l'étoffe d'un meneur d'hommes.  (p. 111)

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Ce n'est pas contagieux la mort, tu sais, c'est héréditaire. C'est très différent : on n'y échappe pas. Tu peux garder ton mouchoir pour pleurer.  (p. 129)

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Certaines choses sont si difficiles à concevoir que notre esprit les rejette dans la douleur.  (p. 147)

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