mardi 31 octobre 2017

La Trilogie Marseillaise - Marcel Pagnol


La Trilogie Marseillaise
 
Marcel Pagnol



Bonjour à toutes et à tous,
 
Aujourd'hui, je vous propose de replonger dans la littérature classique du XXe siècle avec un des plus grands auteurs de la seconde moitié du siècle dernier : M. Marcel Pagnol.

Je vous présente donc les trois livres qui constituent la Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol : Marius, Fanny et César.


A. Caractéristiques du livre

Titre =  La Trilogie marseillaise : Marius / Fanny / César
Auteur = Marcel Pagnol
Edition - Collection = Editions de Fallois
Date de première parution =  1929 / 1931 / 1936
 
Note pour le roman = Un classique, par définition ne peut pas recevoir de note. 


B. Résumé personnel des trois œuvres
César est bistrotier dans le Bar de la Marine, situé sur le Port de Marseille. Il passe ses journées derrière son bar, quand il ne fait pas la sieste ou ne joue pas aux cartes avec ses amis M. Brun, le capitaine Escartefigue et le marchand de voiles Honoré Panisse. César a un fils, prénommé Marius. Son père rêve qu'il reprennent le bar, mais Marius ne rêve que d'une chose : la navigation. Il est également amoureux de la petite Fanny, jeune marchande de coquillages sur le port. Cet amour est tout à fait réciproque. Un soir, les deux jeunes amoureux fautent et Fanny se retrouve enceinte. Marius, qui ne sait rien, décide de s'embarquer pour les Mers du Sud. Fanny est donc obligée d'avouer sa "faute" et de trouver une solution pour ne pas être "déshonorée". C'est ainsi qu'Honoré Panisse, qui est lui aussi très amoureux de Fanny, dès le début décide d'épouser la petite pour donner un nom au petit qui, une fois, aura le nom de Césariot et aura son vrai grand-père, à savoir César, pour parrain. Un an plus tard, Marius revient à Marseille et découvre que l'enfant de Fanny est en réalité le sien, mais sous la pression de Panisse et de César, il décide de repartir. Vingt années se passent et, au début de la dernière pièce, César, Panisse est mourant et décide d'avouer la vérité à son "fils", désormais étudiant à l'école Polytechnique, par l'intermédiaire de sa mère, Fanny. Apprenant la vérité, Césariot décide de partir à la recherche de son vrai père, Marius, qui s'est installé à Toulon en tant que garagiste et qui s'est associé avec quelqu'un réputé comme étant peu recommandable. Césariot arrive à le retrouver et se fait passer pour un journaliste, tout en mentant à sa mère, à laquelle il prétend être allé à Palavas, dans la maison d'un ami, qui, à l'improviste arrive à Marseille pour le voir. À son retour de Toulon, Césariot se fait copieusement disputer par sa mère et son grand-père, mais il dit regretter d'être allé à Toulon, car il pense que Marius qui, selon son collègue ferait du trafic d'êtres humains n'est pas digne d'être son père et veut conserver Panisse comme père dans sa mémoire. C'est alors que Marius et son collègue, Fernand, arrivent à Marseille pour rétablir la vérité. La trilogie se finit par une scène où Marius prend Fanny dans ses bras.


C. Mon avis sur le livre

Quel avis donner sur une telle Trilogie, véritable institution de la littérature française de la seconde moitié du XXe siècle ? À part le fait de la recommander à tout le monde et de dire que cette Trilogie fait vraiment partie des livres que l'on doit absolument lire dans sa vie.

Une œuvre qui sent bon la Provence, où l'on entend l'accent rien qu'en lisant les répliques. De plus, les diverses adaptations cinématographiques qui en ont été faites (tant celle des années 30, que le téléfilm avec Roger Hanin, que les films Marius et Fanny réalisés par Daniel Auteuil) donnent vraiment une dimension complémentaire à l'œuvre et la rendent encore plus vivante.

En bref, une Trilogie à lire et à voir absolument !
 
D. Quelques bons passages du livre
 
César : Quand on fera danser les couillons, tu ne seras pas à l'orchestre.   (Marius, p. 42)

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Marius : Il y a longtemps que je l'ai remarqué. Il n'y a rien d'aussi pénible que le travail.  (Marius, p. 44)
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Honorine à Panisse : Qué, mon âge ? Il y en a de plus jolies que vous qui courent derrière ! Mon âge ! Et il faut s'entendre dire ça par un vieux polichinelle que les dents lui bougent !  (Marius, p. 51)
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Honorine à Panisse : Si on vous avait mis une voile entre les cornes, il aurait fallu une brave quille pour vous tenir d'aplomb.  (Marius, p. 52)

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Panisse : Allez Norine...Parlez pas de ce que vous ignorez !

Honorine : Je sais qu'il n'y a rien de plus beau que l'amour.

Panisse : Mais je suis bien de votre avis.

Honorine : Mais il vaut mieux avoir dix-huit ans.

Panisse : Eh bien, la petite a dix-huit ans.

Honorine : Et vous, vous en avez cinquante ! 

Panisse : Et oui ! Mais j'ai 600.000 francs 

Honorine : Ah ! Mon pauvre Panisse, les chemises de nuit n'ont pas de poches ! Moi, je vous parle dans votre intérêt. Bien sûr, c'est un beau parti pour ma petite...Mais quand je pense à ça et que je vous regarde, je vous vois une paire de cornes qui va trouer le plafond.  (Marius, pp. 56-57)

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César à Panisse (pendant la partie de cartes) : Quand tu me parles sur ce ton, quand tu m'espinches comme si j'étais un scélérat...Je ne dis pas que je vais pleurer, non, mais moralement, tu me fends le cœur.  (Marius, p. 131)

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César à Marius : Ecoute, Marius : tu ne connais pas encore bien les femmes, mais moi, je vais te les expliquer. Les femmes, c'est fier, et c'est délicat. On a beau ne rien leur dire : ça voit tout, ça comprend tout, ça devine tout. Hier, quand cette petite, au commencement, t'a parlé de votre mariage, c'était pour voir la tête que tu ferais: et toi, comme tu n'es pas pressé, tu as dû lui offrir, sans te rendre compte, un mourre de dix pans de long. Alors, té, par fierté, elle bat en retraite, elle dit : "Je crois que je suis trop jeune...Et nous avons bien le temps..." Mais moi je suis sûr que si tu lui disais  que la messe est commandée pour demain matin, elle serait à l'église avant le bedeau. (Marius, p.165)

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César : J'aurais dû savoir qu'il ne faut rien demander d'intelligent à M. Escartefigue, amiral de banquettes de café, commodore de la moleskine !  (Fanny, p. 14)

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M. Brun : Allez, on ne meurt pas d'amour, Norine. Quelquefois, on meurt de l'amour de l'autre, quand il achète un revolver - mais quand on ne voit pas les gens, on les oublie...  (Fanny, p. 20)

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M. Brun : Dans le monde entier, mon cher Panisse, tout le monde croit que les Marseillais ont le casque et la barbe à deux pointes, comme Tartarin et qu'ils se nourrissent de bouillabaisse et d'aïoli en disant "bagasse" toute la journée. 

Panisse : Eh bien, Monsieur Brun, à Marseille, on ne dit jamais bagasse, on ne porte pas la barbe à deux pointes, on ne mange pas très souvent d'aïoli et on laisse le casque pour les explorateurs - et on fait le tunnel du Rove, et on construit vingt kilomètres de quai, pour nourrir toute l'Europe avec la force de l'Afrique. Et en plus, Monsieur Brun, en plus, on emmerde tout l'univers. L'univers tout entier, Monsieur Brun. De haut en bas, de long en large, à pied, à cheval, en voiture, en bateau et vice versa. Salutations. Vous avez bien le bonjour, Gnafron.   (Fanny, p. 26)

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Claudine à Honorine : Laisse-moi, laisse-moi. C'est bien possible que je sois bête, mais tout ce que je fais, je le fais de bon cœur.  (Fanny, p. 63)

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Claudine : Quand un homme de cinquante ans a envie de se marier, et quand sa situation lui permet de s'offrir une jeunesse, pourquoi voulez-vous qu'il aille chercher une femme vieille et laide, qui dépense vingt sous par jour en tabac à priser ?    (Fanny, p. 73)

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Honorine : Zoé aussi, quand elle avait 15 ans, elle était sage, elle jouait toute seule avec ses poupées...elle n'aimait pas les garçons, et si un essayait de l'embrasser dans un coin, elle lui graffignait la figure comme une furie...Et puis après, quand elle a connu l'Espagnol, adiou botte ! Ca lui a pris comme un coup de mistral, et elle est devenue ce que vous savez : elle était comme un parapluie fermé, qui ne peut pas tenir debout tout seul.   (Fanny, p. 78)


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Honorine : Alors, toi, tu trouves tout naturel qu'une fille rentre chez elle avec un polichinelle sous le tablier ?  (Fanny, p. 88)

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Honorine : Quand on n'a pas d'enfants, on est jaloux de ceux qui en ont et quand on en a, ils vous font devenir chèvre ! La Sainte Vierge, peuchère, elle n'en a eu qu'un et regarde un peu les ennuis qu'elle lui a faits !   (Fanny, p. 98)


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César : Tu vois ! Tu viens de montrer le fond de ton idée ! Tu épouses Fanny parce qu'elle est jeune et que ça te ferait plaisir de frotter sa jolie peau fraîche contre ton vieux cuir de sanglier.   (Fanny, p. 132)

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César : Je comprends qu'à cause du qu'en-dira-t-on, elle veut te mettre au lit de Panisse. Mais qu'Est-ce que ça peut nous faire, les commérages de quatre vieille déplumées qui tricotent sur les portes ? Et ta mère ? Elle devient chatouilleuse, tout d'un coup ! Est-ce qu'on ne disait pas, autrefois, qu'elle était la maîtresse de ton père, avant leur mariage ? Et après ? Est-ce que ça les a empêchés d'être heureux ?  (Fanny, p. 138)

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Césariot : En somme, on peut dire qu'on a fait une certaine publicité autour de cette histoire...Et moi, toute ma vie, j'ai vécu dans l'ignorance de la comédie qui se jouait autour de moi... Il a dû y en avoir des conciliabules, des chuchotements, des inquiétudes...Et le pauvre pape devait avoir un drôle d'air au milieu de cette aventure...Quel rôle on lui faisait jouer !  (César, p. 73)

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Fanny à Césariot : Si je ne l'avais pas aimé, tu ne serais pas là pour me le reprocher. (César, p. 75)

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Le chauffeur : C'est en venant vieux que vous êtes venu couillon ou c'est de naissance ?  (César, p. 100)

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Fernand : Oh ! Sainte Bonne Mère ! Mais alors, c'est le fils de Marius ?

M. Brun : Chut !!

Escartefigue : De mauvaises langues l'ont dit.

M. Brun : Et de bons esprits l'ont cru.   (César, p. 153)

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Marius : Pendant des années, aux yeux de tous, j'ai passé pour un saligaud. Et eux, ils étaient tous des saints : surtout Panisse, le saint Honoré ! Tout le monde s'extasiait, il a donné un nom à l'enfant !...On pourrait dire aussi que j'ai donné un enfant au nom de Panisse...Je ne veux pas du mal d'Honoré, c'était un homme simple et bon. Mais, dans cette histoire, quel grand sacrifice a-t-il fait ? À cinquante ans, il s'est offert une petite jeune et fraîche. Si vous appelez ça un sacrifice, moi j'en connais beaucoup qui le feraient souvent, et même deux fois par semaine  (À César) Toi, tu as été content de me voir partir. Parce que, si j'avais épousé Fanny, j'aurais été le chef de famille, et j'aurais eu l'autorité sur le petit. Tandis qu'avec Honoré, tu l'avais belle pour satisfaire ta manie de commander. Et toi, Fanny, toi...
 
Fanny : Tu vas dire que j'ai été heureuse...
 
Marius : Non, toi, je sais bien que tu n'as pas dû rire tous les soirs, et que tu t'es sacrifiée. Mais enfin tu es devenue une dame. Les clovisses, tu les ouvres plus, tu les manges... Tu t'es sacrifiée sous les yeux de la bonne et de la nourrice, assise dans un bon fauteuil, auprès d'un bon feu; et chaque jour, devant une table bien servie, tu t'es sacrifiée de bon appétit...  (César, p. 164)
 
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César : Qu'est-ce que ça veut dire ce rire ? Ca veut dire que je suis une vieille bourrique, comme, par ton refus de me répondre, tu fais semblant de dire, sans le dire que je suis coléreux, et que tu as peur de ma colère ! Et vous aussi, monsieur Brun. Vous ne répondez rien, mais vous faites semblant d'en penser le double ! Quant à "Hum" (le docteur) avec son air supérieur, je me fous de ce qu'il ne dit pas et de sa coqueluche des vieillards ! Qu'est-ce que ça veut dire, à la fin ? Depuis trente ans vous venez chez moi tous les jours et vous dites que je suis coléreux ? Je supporte la stupidité d'Escartefigue, je supporte les lyonnaiseries de M. Brun, je supporte le silence de ce médecin de chèvres, je supporte la présence de ce petit macaque qui ne paie jamais ses consommations et qui, de plus, ne boit jamais rien, et vous dites que je suis coléreux ?

M. Brun : Non. Il n'est certainement pas coléreux. Et il nous le prouve.  (César, p. 172)

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Le Docteur : Ca te fait peut-être du bien. Mais ça fait du mal aux autres. Et puisque tu m'as demandé mon opinion, je vais te la dire : le médecin des chèvres est tout qualifié pour donner une consultation à une vieille bourrique. Tu es un emmerdeur, César, pas autre chose. Très bon dans le fond, et très sensible, mais d'une fréquentation intolérable. Tu vis tout seul, parce que personne ne veut rester avec toi. Tu as fait fuir les garçons, tu as fait fuir les bonnes, tu as fait fuir les clients , tu as même chassé ton fils.  (César, p. 173)
 
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