jeudi 3 novembre 2016

Et la retraite, bordel ! de Sim



Et la retraite, bordel !
 
Sim




Bonjour à toutes et à tous,
 
En cette semaine de Toussaint, je vous propose un livre qui a pour thème un sujet qui ne concerne, en principe, pas quelqu'un de mon âge : LA RETRAITE  
 
L'auteur de ce livre n'est autre que le comédien Sim, disparu en 2009, réputé, non seulement pour ses rôles comiques au théâtre et au cinéma mais aussi pour une série de livres tous plus drôles les uns que les autres : Elle est chouette, ma gueule !, Les Mémoires de la Baronne de la Tronche en Biais ou encore ce dernier opus, paru quelques mois avant sa disparition.
 
  
A. Caractéristiques de l'essai

Titre =  Et la retraite, bordel !
Auteur = Sim
Edition - Collection = Editions du Cherche-midi
Date de première parution =  2009
Nombre de pages =  269 pages


Note pour l'essai = 15/20

 
B. Description de l'œuvre (Quatrième de couverture)
   
L'humour ne prend jamais de retraite. Sim nous raconte avec sa verve habituelles les aventures de quelques retraités pas comme les autres.

De la compagne d'un célèbre gangster brutalement décédé qui dilapide les économies de ce dernier au casino de Monte-Carlo à une vieille fille qui cherche l'amour dans les petites annonces, en passant par les aventures du troisième âge au fil des croisières maritimes ou la retraite d'un vieux curé protégé par les enfants qu'il n'a pas pu avoir...Et aussi un couple de septuagénaires sportifs qui passent leur temps entre les escalades en montagne et les séjour à l'hôpital pour réduire leurs fractures; une dame pipi de l'aéroport d'Orly qui collectionne les pièces jaunes pour voir Venise avant de mourir; un ex-travesti de chez Michou, pseudo-Marilyn Monroe, devenu un vieux monsieur pathétique; ou encore les surprises du sexe dans les maisons de retraite...
Que vous soyez retraité ou pas, ce festival de cocasseries vous apportera des éclats de rire aux couleurs de la tendresse.
 
 
C. Mon avis sur l'essai
   

Dans ce livre, que j'avais reçu quelques mois après la mort de son auteur, je m'attendais à un livre où Sim parle de sa propre expérience de la retraite de comédien, mais je fus assez agréablement surpris de constater que le contenu du livre ne s'arrêtait pas à la personne du comédien.
Dans cette petite accumulation d'anecdotes (reprises dans le résumé de quatrième de couverture), Sim nous relate les petits bonheurs, mais surtout tous les petits malheurs et les affres du troisième âge, en oscillant entre empathie pour ces retraités phénomènes et tout l'humour et le ton incisif qu'on lui connaissait, notamment dans les Grosses Têtes.
Un livre très chouette à lire et que je recommande à tous ceux qui, comme moi, étaient fans de ce petit homme "qui avait l'air d'une pointe bic" comme disait Michel Audiard.
 
D. Quelques bons passages de l'essai
 
Il m'arrive de recevoir encore quelques propositions pour tourner un spot publicitaire. Vu mon âge et ma morphologie, ça n'est jamais pour glorifier les crèmes de beauté ni les désodorisants pour sportifs. Quant aux dentifrices, n'en parlons pas car on n'a jamais vu mes dents. Non, les demandes concernent plutôt les joyeuses conventions obsèques où l'on voit généralement les futurs morts en pleine sante, hilares, heureux d'avoir fait une bonne affaire en payant d'avance leur enterrement rendu beaucoup plus gai par les fleurs qu'ils ont eux-mêmes choisies. Je refuse ce genre de rôle par respect envers mes fans qui, en me voyant, seraient morts de rire.
Je ne suis pas non plus intéressé par la colle à dentier qui me permettrait d'embrasser ma femme en en la roulant dans la neige sans qu'elle avale mes ratiches. Pas plus pour le "tire-fesses électrique monte-escaliers qui me ferait passer pour un fainéant vis-à-vis de mes petits-enfants ou par la baignoire à portillon qui risquerait de me coincer les valseuses en ramassant la savonnette.  (p. 23)
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Même si l'on se tape sa bonne pendant la nuit, le jour, il faut prendre ses distances avec le petit personnel. (p. 67) 
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C'est l'inconvénient pour certaines de nos compagnes en fin de carrière amoureuse. À partir d'un certain nombre de décennies, il ne faut plus avoir de rapports privés qu'avec son confesseur ou son agent de patrimoine.  (p. 71)
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Pour moi, les livres qu'il m'envoyait étaient autant de billets pour aller loin devant mon feu de bois. (p. 79)
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Aujourd'hui, les hommes qui ne lisent plus ont supprimé le rêve et, si leurs déplacements sont de plus en plus fréquents, ils ne voyagent pas, ils bougent, tout simplement.  (p. 80)
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C'est superbe, l'espoir. À 70 ans, attendre encore un Lancelot pas forcément frais sur un cheval fatigué relevait d'un bel optimisme. (p. 92)
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Ils partiront, un jour, pour la destination finale sans billet de retour, ayant bien profité de leur escale sur terre, en pensant que les voyages forment aussi la vieillesse. (p. 112)
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Combien de gens se privent de l'inattendu par peur de l'inhabituel  (p. 124)

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Gérard s'était trompé, car elle n'était pas moche. Elle était très moche. Après les bijoux, ce qui attirait l'attention, c'était un nez épaté de se trouver là, sous des yeux qui ressemblaient à des lentilles. Une bouche, en fente de machine à sous, n'incitait pas à y placer ses jetons. Le corps qui supportait cette curiosité était en forme de portemanteau sur lesquels peu de slips masculins ont dû s'accrocher.  (p. 138)

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C'est une belle qualité de savoir écouter parler les autres. Ca donne de l'importance à ceux qui n'ont pas grand-chose à dire.  (p. 147)

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En Suisse, les casinos, ça s'appelle les banques. T'as le croupier derrière un comptoir, tu lui files ton pognon et c'est lui qui joue pour toi. Les numéros gagnants , c'est surtout ceux des comptes anonymes mais, question ambiance, ça pêche un peu.  (p. 175)

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Pour avoir créé l'humanité, fallait-il qu'il soit joueur ! Il nous a donné des jetons gratuits au début de la partie mais, aujourd'hui, on peut se demander si l'homme n'est pas en train de faire sauter la banque. Les jeux sont peut-être faits puisqu'on a l'impression que rien ne va plus.        (p. 176)

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Poursuivant mes reportages, je me suis fait inviter dans un club du troisième et quatrième âge de Menton, ville où le soleil chauffe les plus vieux os de France et où il n'y a pas que les citrons qui sont ridés. (p. 112)
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Sa femme était une emmerdeuse. Une emmerdeuse diplômée de l'académie des casse-pieds car, pour faire autant chier les gens, il avait fallu qu'elle fasse des études très poussées.  (p. 224) 

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Depuis que j'ai le loisir de bricoler à plein-temps, je suis étonné, stupéfait, ébahi de voir à quel point le bricolage et le jardinage sont devenus les deux mamelles de la France retraitée.  (p. 251)
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J'arrive à un âge où je sème beaucoup d'amis en continuant la route qui m'a été tracée par le grand Bison Futé. Quelques-uns s'en vont doucement et d'autres durement. Chaque fois que j'en perds un, c'est une bribe de jeunesse qui fout le camp. (p. 270)
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Si les mauvaises pensées sont contagieuses, les bonnes ont aussi le pouvoir de se propager et il faut faire le tri entre le bon grain et l'ivraie.  (p. 273)
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