samedi 26 septembre 2015

Petit Piment d'Alain Mabanckou - Second livre de la rentrée littéraire 2015



Nouvelle critique d'un roman de la rentrée littéraire
 
Petit Piment d'Alain Mabanckou
 
 
 
 
 
Re-bonjour les ami(e)s
 
 


Pour ce second article concernant cette rentrée littéraire 2015, j'ai choisi de lire le nouveau roman d'un auteur que j'adore : M. Alain Mabanckou que j'ai découvert à l'occasion d'un cours de littérature comparée à l'Université, grâce à son roman Verre Cassé.
 
Voici la critique de ce roman (auquel, si je puis me permettre, j'attribuerais une note de 14/20)
 
C'est donc en grand amateur des romans d’Alain Mabanckou que j’ai abordé ce roman. Mais je l'ai surtout entamé pour une raison particulière : l’article qui le descendait en flèche dans le journal Le Soir. Je l’ai donc lu en espérant qu’ils aient tort, car j'ai une énorme admiration pour Alain Mabanckou dont j'avais déjà lu trois romans et que j'avais déjà eu l'occasion de rencontrer dans le cadre d'un séminaire universitaire.
 
Je dois avouer qu’ils ont, à mon humble avis,à moitié tort et à moitié raison. Ils ont en partie tort car le roman n’est pas vraiment décevant, contrairement au titre de l’article qui était : Le succès décevant d’Alain Mabanckou. En effet, ce roman conte les aventures d’un petit garçon du Congo-Brazzaville, surnommé d’abord Moïse, puis Petit piment (car c’est un as de l’utilisation du piment pour se venger des autres) qui vit dans un orphelinat situé à quelques kilomètres de Pointe-Noire, un orphelinat dirigé par un directeur véreux, Dieudonné Ngoulmoumako, vendu au principal parti politique du pays, ce directeur qui pratique le clientélisme à tour de bras et n’hésite pas à licencier des personnes qui sont chères à ce petit garçon car, en tant que prêtre pour Papa Moupelo et comme appartenant à l’ethnie dominée pour Sabine Niangui, l’infirmière, ils gênaient la soi-disant "Révolution socialiste scientifique" qu’il souhaite instaurer au sein de son pensionnat, révolution cautionnée par le parti du président en place et qui était empêchée jusque-là par la colonisation, récemment défaite. Le petit garçon décide donc de partir pour Pointe-Noire, en compagnie de jumeaux qui sont les terreurs de l’orphelinat : il commence donc une vie d’errance qui durera des années et au cours de laquelle il croisera d'autres personnages aussi hauts en couleur.

Sur le fond, le roman n’est en rien décevant, car les habitués des romans d’Alain Mabanckou vont retrouver les paysages congolais et la façon de conter et de créer des personnages qui ont fait le succès de l’auteur, notamment dans le roman Verre Cassé qui regroupait à peu près les mêmes ingrédients. De plus, dans ce roman, je trouve qu’Alain Mabanckou manie à merveille l’art du rebondissement : en effet, ce qui arrive au héros n’est jamais ce que l’on attend et ce, jusqu’à la dernière ligne du roman qui réserve une bonne surprise aux lecteurs. En outre, Alain Mabanckou n’abandonne pas son procédé classique de références aux autres œuvres mondiales, même si, cette fois-ci, je n’ai décelé qu’une seule référence à Brassens et à sa chanson La Mauvaise Réputation (p. 154).

Cependant, l’article du journal a en partie raison, car ce roman est en partie décevant, mais ma déception concernera plutôt la forme, l’écriture. En effet, j’ai l’impression que depuis son avant-dernier roman, qui était intitulé Lumières de Pointe-Noire, Alain Mabanckou a littéralement abandonné le ton truculent qui faisait son succès dans ses autres romans et qui m’avaient permis d’énormément l’apprécier. En effet, je trouve l’écriture de ce roman beaucoup trop lisse, trop politiquement correcte. Peut-être est-ce le sujet qui, certes, ne se prête pas à ce genre de truculence ou alors Alain Mabanckou a-t-il radicalement et de manière pérenne changé sa manière d’écrire, auquel cas, les fans comme moi risquent de rester déçus par ce nouveau style d'écriture qu'il aborde et qui le rend quelque peu ordinaire, transparent au milieu des autres auteurs.
 
En résumé, un bon roman (mais certes moins bon que ceux que j’aurai lus auparavant), qui nous plonge dans les turpitudes d’une Afrique Noire, tout juste sortie de la colonisation, à travers les yeux d’un jeune garçon qui demeure un personnage attachant. Les amateurs de littérature africaine retrouveront les divers éléments qui font le sel de cette littérature, tandis que les fans d’Alain Mabanckou risquent d’être déçus par le manque de truculence et de langage libre de ce roman.

Voilà pour ma nouvelle critique. J'espère qu'elle vous plaira et je reviendrai très bientôt avec une critique d'un troisième roman de cette rentrée littéraire : Ressources inhumaines de Frédéric Viguier.





 
 

 

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