dimanche 27 septembre 2015

Le mariage de Mademoiselle Beulemans - Frantz Fonson et Fernand Wicheler



Le mariage de Mademoiselle Beulemans

Frantz Fonson et Fernand Wicheler
 
 
 
Ce soir, j'avais envie de vous parler d'une pièce de théâtre qui me tient à cœur, car j'adore les pièces en "brusseller", ce pièce au langage patoisant de Bruxelles, qui mélange le français avec quelques mots de flamand. Ces pièces font vraiment du bien, mais bien plus que par leur langage fleuri, ils contribuent à faire rire de par leurs situations quelque peu absurdes et par leurs personnages hauts en couleur. 
 
 
Deux pièces sortent leur épingle du jeu  et restent célèbres de nos jours en Belgique : Bossemans et Coppenolle de Paul Van Stalle et Joris d'Hanswyck  et Le mariage de Mademoiselle Beulemans de Frantz Fonson et Fernand Wicheler.
 
Je parlerai de la seconde, non pas parce que la première est moins intéressante que l'autre, bien au contraire, mais parce que le mois dernier, les Editions Espace Nord (éditions spécialisées dans la littérature francophone de Belgique pour ceux qui ne connaîtraient pas) ont eu l'excellente idée d'agrémenter leur collection du texte de la pièce Le Mariage de Mademoiselle Beulemans.
 
 
 
 
 
Résumé de la pièce :
 
La pièce Le Mariage de Mademoiselle Beulemans raconte l'histoire de la famille Beulemans, composée du père, Ferdinand, de la mère, Hortense et de leur fille Suzanne. Le père possède une entreprise de brasserie et est fournisseur unique de plusieurs marques de bière, si bien qu'il concourt pour devenir Président d'Honneur de la Société des Employés de Brasserie, mais cela ne fonctionne pas, car c'est son concurrent direct, nommé Hebbelinckx qui est nommé.
 
La fille, Suzanne est promise à un jeune homme qu'elle apprécie, mais qu'elle n'aime pas d'amour, nommé Séraphin Meulemeester, également issu d'une famille de brasseurs. Mais, aux côtés de Suzanne, il y a un employé français qui est arrivé dans la société depuis quelques mois, M. Albert Delpierre qui est venu apprendre le métier de la brasserie auprès de M. Beulemans. On peut vraiment dire que M. Beulemans et Séraphin ont pris Albert en grippe, à cause de ses "manières" de parisien et un langage qu'ils pensent être précieux, alors qu'il est tout simplement de "français de France". On devine très vite qu'Albert est amoureux de Suzanne, mais il cache ses sentiments à Suzanne.
 
 Tout se corse le jour du repas de fiançailles de Suzanne Beulemans et Séraphin Meulemeester : en effet, la bonne des Beulemans, prénommée Isabelle, apprend à Suzanne que Séraphin fréquente une lingère, prénommée Anna, et qu'il a un enfant d'elle, prénommé Séraphin, comme son père. Après quelques discussions et les aveux de Séraphin, l'ex-futur couple décide, d'un commun accord, de ne pas se marier, pour que Séraphin puisse se consacrer à sa relation avec Anna et à l'éducation de son fils. Cette situation provoque une brouille entre les deux familles (et surtout entre les deux pères) qui vont se retrouver très bientôt.
 
En effet, quelques jours plus tard, alors que le précédent concurrent de Ferdinand Beulemans, à la Société des Employés de brasserie, Hebbelinckx, vient de mourir, il faut élire un nouveau Président d'Honneur. Beulemans, qui se croit seul sur les rangs, croit être tranquille. C'est sans compter sur Séraphin qui, alors qu'il était anciennement le soutien de M. Beulemans, décide de présenter son père au poste de Président d'Honneur.

M. Beulemans a donc une double mauvaise nouvelle : non seulement, il a un concurrent direct (car, en plus de cela, M. Meulemeester est le candidat désigné du Comité exécutif de la société (candidat qui est quasiment toujours élu par la suite), mais il n'a plus aucun soutien.

C'est alors qu'Albert, qui a dévoilé ses sentiments à Suzanne, qui, désormais, les partage, maintenant qu'elle n'a plus de fiancé, décide de défendre M. Beulemans, ce qui semble être peine perdue, parce qu'il est assez mal vu dans la société. C'est sans compter sur une formidable plaidoirie que fera Albert, poussé par l'amour que lui porte Suzanne. Ce formidable discours finira par faire élire M. Beulemans comme Président d'Honneur et ce dernier accepte de donner la main de sa fille à Albert, sous les yeux du père de ce dernier.

Critique générale :

Cette pièce est vraiment idéale pour passer environ 2h30 de bonheur et de rire. J'avais vu, à la télévision belge, la version mise en scène de 2004, avec le génial comédien belge Daniel Hanssens dans le rôle de M. Beulemans et le comédien Damien Gillard dans le rôle d'Albert Delpierre. Cette pièce vaut surtout pour des dialogues pétillants qui restent dans les mémoires, comme les disputes de Ferdinand et Hortense, comme par exemple :

Alors qu'Hortense essaie de boutonner le col de chemise de Ferdinand, cela vire à la dispute :

Ferdinand : Hortense, le bouton de mon col est de nouveau sauté. Je suis sûr que c'est la boutonnière qui est déchirée.
Hortense : Mais non, c'est simplement défait. Vous devenez tellement gras ! Vous faites tout péter !
Ferdinand : Aïe ! Mais vous prenez la viande avec !
Hortense : Mais non, c'est juste votre pomme d'Adam !
Ferdinand : Pomme d'Adam ! Pomme d'Adam ! Vous êtes aussi habile de vos mains qu'un cochon de sa queue !
 

Mais tout le talent des comédiens concourt énormément au bonheur qu'on a à regarder cette pièce, car une autre version que j'avais vue l'an dernier avec d'autres comédiens m'avait amplement déçu.

Si certains veulent se faire une idée de ce que représente cette pièce, une diffusion (captation datant de cette année, au Théâtre Royal des Galeries de Bruxelles (en principe)) est prévue samedi soir prochain, pour nos amis belges, sur la Une, à 20H50 avec toujours Daniel Hanssens, dans le rôle de M. Beulemans.

A bientôt, pour un nouvel article de la rubrique, Au Théâtre, ce soir !



Photo de la troupe de la version 2004.

 


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